L’art comme moyen d’expression
Il est vrai que les deux approches peuvent susciter un peu de confusion parce qu’elles utilisent toutes deux l’art comme moyen d’expression. Pourtant, elles se distinguent sur un certain nombre de points et je vous explique ici en quoi. C’est en effet une question que l’on me pose souvent.
Pour bien comprendre ce qui les différencie, je vais commencer par… leurs points communs.
Ce qui rapproche l’Art-thérapie et le Journal Créatif
– Les techniques artistiques : dans ma pratique d’art-thérapeute, vous utilisez du matériel d’art plastique, tout comme dans votre journal. D’autres approches d’art-thérapie pratiquent en effet la danse, le chant ou encore le théâtre comme démarche thérapeutique, cette liste n’étant pas exhaustive.
– Le processus artistique : l’objectif recherché n’est pas le beau car vous n’êtes pas dans une pratique de journal d’artiste, ni dans un cours d’art de peinture ou de dessin. C’est le processus qui compte, pas le résultat, même si créer quelque de chose de beau apporte un plus évidemment.
– L’expression au travers de la création : ces approches visent en effet à soutenir votre bien-être et à prendre soin de votre santé mentale.
Elles aident à :
- Favoriser l’expression de soi
- Exprimer des émotions difficiles ou des blocages
- Gérer son stress
- Voir plus clair dans sa vie et trouver des réponses
- Développer sa créativité
- Renforcer l’estime de soi
- Accéder au mieux-être
– Une volonté partagée de respect de soi et de bienveillance : ce sont évidemment des piliers fondamentaux.
Ce qui différencie l’Art-thérapie et le Journal Créatif
– Le cadre : même si vous êtes amené.es à pratiquer le Journal Créatif lors d’ateliers comme ceux que j’organise, il n’en reste pas moins que la vocation de cet outil est votre propre développement personnel. En cela, il est votre compagnon quotidien (ou presque) et il se pratique donc chez soi.
Même si créer dans votre journal peut avoir des effets thérapeutiques, en plus des effets bénéfiques, vous n’êtes pas accompagné.es d’un art-thérapeute qui vous guide et vous soutient dans votre démarche.
En Art-thérapie, il y a cette triangulation entre vous, votre thérapeute et votre production dans un cadre sécurisant et condidentiel. En Journal Créatif, c’est vous face à votre journal et c’est vous qui décidez de partager vos pages ou non.
– Le format de travail : le Journal Créatif se travaille le plus souvent sur un format A4, voire plus petit, dans un carnet relié aux pages blanches. Il se veut justement contenant car vous le pratiquez seul.es. Il vous permet aussi de travailler de façon chronologique. En Art-thérapie, je travaille sur des formats variés comme le A4 qui reste contenant pour qui a peur « d’aller trop loin » mais aussi souvent sur des formats plus grands permettant de s’exprimer pleinement. Dans tous les cas, ce sont des feuilles libres que je conserve le temps de la thérapie mais qui vous appartiennent. Elles sont un support à votre cheminement et au bilan de fin de protocole.
– Les techniques artistiques : même si j’ai écrit plus haut que vous utilisiez les arts plastiques pour les deux approches, il est à noter qu’en Journal Créatif, la tendance est plus orientée vers les médiums secs (pastels secs et gras, crayons de couleurs, feutres) et l’écriture. Elle y a en effet une place importante, contrairement à l’Art-thérapie. En Art-thérapie, j’utilise notamment une technique d’aquarelle dite humide en humide, qui consiste à travailler avec de l’aquarelle sur du papier mouillé. Cette technique, développée par le Dr Margarethe Hauschka, s’appuie sur la traité des couleurs de Goethe et pourra faire l’objet d’un article plus détaillé. D’autre techniques telles que la peinture, le modelage ou la musicothérapie sont plus spécifiques à ma pratique.
– La pratique : en Art-thérapie, je propose plus souvent un protocole d’exercices guidés au travers d’un processus thérapeutique. J’adapte ces exercices en fonction de ce qui se déroule dans la séance et entre les séances pour vous accompagner. En Journal Créatif, il s’agit plutôt d’explorer une très grande palette de techniques associant les 3 langages (dessin, écriture, collage) au gré de vos besoins. Les ateliers vous permettent de découvrir ces techniques aux travers d’exercices guidés sur un thème par exemple. Vous pourrez utiliser ces techniques chez vous ensuite.
– Vos créations : en Art-thérapie, nous pouvons être amené.es à échanger sur vos productions, de manière verbale, sans interprétation de votre création de ma part. C’est vous qui explorez avec mon soutien. En Journal Créatif, vous explorez vos pages seul.e à seul.e.
– Les objectifs : faire appel à un art-thérapeute est une démarche plus difficile que de s’acheter un carnet aux pages blanches. Et se sentir assez en confiance avec ce thérapeute pour se livrer est bien évidemment plus engageant que d’ouvrir les pages de son Journal pour y écrire. Dans le premier cas, vous avez besoin d’aide et surtout d’écoute. Vous êtes dans une démarche thérapeutique pour aller mieux et avoir un regard extérieur bienveillant et soutenant. Vous avez peut-être un souhait précis.
Dans votre Journal, vous pouvez vous sentir mieux en explorant des techniques, déposer vos émotions pour décharger un trop-plein, sans que personne ne lise vos écrits et sans les partager et vous pouvez aussi vouloir simplement vous détendre en faisant une page ou deux.
– Les ateliers : lorsque nous nous retrouvons pour des ateliers de groupe, il est laissé une grande place à l’échange après la production artistique si la personne le souhaite en Art-thérapie.
En Journal Créatif, les moments de partage seront plus rares et plus courts, l’objectif étant d’expérimenter diverses techniques soit en découverte soit sur un thème donné. La finalité de l’un est thérapeutique tandis que celle de l’autre est instructive et éducative.
En conclusion
Je précise que les techniques du Journal Créatif peuvent faire partie de ma palette d’outils en Art-thérapie et que le Journal Créatif, mis au point par Anne-Marie Jobin, s’appuie sur des notions d’art-thérapie et de psychologie.
Pour autant, j’espère vous avoir éclairé sur le fait que ce sont deux démarches différentes qui, même si elles ont des points communs évidents, se distinguent clairement dans leur finalité et les aspects que j’ai évoqués.
Inspiré de l’article de Anne-Marie Jobin.


